L'extrait suivant vient d'un discours à l'église de l'Oratoire dans le cadre de l'Union Baptiste au Canada. Cet extrait que vous allez lire évoque les axes prioritaires pour l'édification d'une église. A MEDITER!!!
"Les axes de priorités. (comme 5 doigts de la main ou les 5 bras de l’étoile de mer)
§ L’adoration ( Des adorateurs du Dieu Vivant ) § L’évangélisation ( Des enfants nés de nouveau)
§ La formation ( Des disciples qui suivent le maître)
§ Le service ( Des serviteurs à l’œuvre)
§ La convivialité ( Des membres d’une même famille)
a 1) Premier axe de priorité : l’adoration.
Si
nous croyons que l’Église est une communauté d’adorateurs, il nous faut
faire de l’adoration une priorité dans l’Église. C’est aussi simple et
logique que cela. Et il ne faut pas avoir inventé la poudre pour le
comprendre !
Mais l’adoration c’est quoi au juste ? La
prière dans laquelle nous disons du bien de notre Dieu ? La
reconnaissance que nous exprimons pour dire, la grandeur, la bonté, la
sainteté, la justice, la patience, la puissance, l’amour de notre
Dieu ? L’adoration est-elle notre prière et notre louange à Dieu ?
Sommes-nous les adorateurs du Dieu vivant lorsque nous chantons sa gloire ?
Bien sur qu’il nous faut répondre oui, oui et oui ! tout ce que je viens d’évoquer est adoration du Dieu vivant et c’est bien là notre vocation. Mais sommes-nous sur que c’est là toute l’adoration que notre Dieu demande ?
Dans le récit de la tentation de Jésus dans le désert le Diable promet de lui donner tous les royaume du monde si dit-il « tu te prosterne devant moi pour m’adorer » et Jésus de le chasser et de rappeler la parole de l’écriture « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et c’est à lui seul que tu rendras un culte ».
L’adoration
de Dieu est le culte que nous lui rendons. Ce culte dépasse les moments
de prières et de louanges et va bien au delà du seul culte du dimanche
matin.
Les
expressions comme : prier Dieu, le louer, se prosterner devant lui, le
craindre, chanter sa gloire, l’exalter, le proclamer, l’honorer,
s’ouvrir à lui, s’attendre à lui, se consacrer à lui … nous aident à
donner du sens à l’adoration que le Père demande. A nous dans nos
Église d’enrichir cette liste et de lui donner sa pleine signification
à l’adoration que le Père demande, dans votre vie et dans nos Églises.
Adorer en Esprit et en Vérité est un vaste programme pour la totalité de notre être et de l’être de l’Église. Il peut s’avérer utile voire indispensable de cogiter là dessus dans nos Églises.
L’adoration est toujours une porte ouverte à la bénédiction.
a 2) Deuxième axe de priorité : l’évangélisation .
Si
nous voulons voir naître des enfants de Dieu dans nos Églises il nous
faut impérativement annoncer a bonne nouvelle de la grâce de Dieu en
Jésus Christ. Mais ai-je bien besoin de vous en convaincre ? Nous le
savons et nous le croyons tous !
Et pourtant, la nécessité et parfois aussi l’urgence nous échappent de temps à autre !...
La nécessité s’impose à nous comme elle s’imposait à l’apôtre Paul
. « Malheur à moi si je n’évangélise ».
Ne
pas faire entendre dans nos Églises l’appel de Dieu à la repentance et
à la foi en Jésus Christ c’est amputer la révélation de Dieu en Jésus
Christ, c’est dénaturer et trahir le message du Christ.
Frères
et sœurs, faire grandir nos Églises en qualité spirituelle et en nombre
est un objectif qui doit être reconnu par tous les membres de nos
Églises et par toutes nos Églises. L’évangélisation n’est pas une
option mais un impératif qui nous est imposé par le Seigneur lui même.
Il ne
s’agit pas d’aller piocher des membres dans les autres Églises, sous
prétexte que nous avons mieux à proposer, cela n’a jamais fait grandir
l’Église de Jésus Christ. Il s’agit de faire naître à la foi des
incroyants ou des mal croyants.
Là encore, comme pour l’adoration, se pose la question de savoir ce qu’est l’évangélisation.
Des
« programmes d’évangélisation » il en existe des quantités. Tous plus
prometteurs les uns que les autres. Permettez-moi d’être un peu
critique à leur égard et de le dire de cette façon pour nous faire
réfléchir… Je crois qu’ils sont en général bons et quelques fois même
excellents à condition qu’ils restent au fond d’un tiroir ! Mais
j’ajoute aussitôt qu’il y a pire : ce sont les programmes, encore plus
nombreux, qui consistent à ne rien faire. Avec ceux-là au moins, on est
sur qu’ils ne produiront rien ou justement si, ils
entretiendront la stérilité et le vieillissement certain de la
communauté et quelques fois même la mort. Oui ! Je crains qu’à force de
vouloir tellement bien faire dans l’évangélisation, nous en restions
trop souvent à l’évoquer, à en discuter, à dire haut et fort notre
conviction, même à créer de comités mais en réalité à ne jamais nous
lancer, à ne jamais rien faire. Ni chez nous ni en mission au loin.
Là ou
il n’y a plus de vision ou lorsqu’il n’y a que des visions sans aucune
réalisation, le peuple s’engage vers une mort lente et certaine.
Heureusement il nous reste un espoir : Dieu n’enterre pas les Églises mortes.
J’ajoute une autre remarque quant à la prédication de l’Église. Le Nouveau Testament fait la distinction entre d’une part l’annonce du salut en Jésus Christ avec l’appel à la repentance et à la foi et
d’autre part l’enseignement aux croyants de tout le conseil de Dieu.
Pour simplifier, il distingue l’évangélisation de l’édification. Mais
ces deux pôles de la prédication de l’Église sont comme l’envers et
l’endroit. Ils sont distincts et indissociables. L’un appelle l’autre.
Et remarquons bien, l’évangélisation comme l’édification sont annonce
de la grâce de Dieu. Je suis convaincu que la vie ordinaire d’une
Église ordinaire est annonce du salut et en ce
sens évangélisation mais elle n’épuise pas la vocation plus spécifique
de faire retentir par la parole et les actes l’appel à la repentance et
à la foi. Le ministère de pasteur docteur n’exclut pas le ministère
d’évangéliste.
a. 3) Troisième axe de priorité : la formation
Après
avoir choisi ceux qui étaient prêts à le suivre Jésus les a formé. Il
en a fait des disciples. Avec l’adoration,et l’évangélisation, la
formation est une autre priorité dans l’Église. Il s’agit d’apprendre
au jeune converti à connaître et à suivre son Sauveur et son Maître. Et
cet apprentissage se poursuivra jusqu’à la fin de sa vie. Cette
formation concerne tous les croyants, tous les membres de l’Église et
pas seulement les plus mordus. Cette connaissance dans laquelle nous
sommes appelés à grandir est autant, intellectuelle et cérébrale que
concrète et pratique. Elle est en même temps et le savoir et le faire.
Il ne suffit pas de savoir que Dieu pardonne, il faut aussi lui demander pardon. On pourrait dire que :
La connaissance de Dieu sans la pratique de la foi produit des incroyants
La pratique de la foi sans la connaissance de Dieu produit des mal croyants
Seuls la connaissance de Dieu et la pratique de la foi font naître, par la grâce de Dieu, des disciples de Jésus Christ.
Malheureusement
dans notre culture occidentale les lettres de noblesses vont
généralement aux théoricien et rarement aux praticiens. Même dans
l’Église la tendance est sensible.
Je reste surpris par le nombre élevé de jeunes formés (je n’irai pas jusqu’à dire déformés) au ministère pastoral qui
sont convaincus d’être appelés à un ministère d’enseignant et ne sont
pas prêts à s’engager dans un ministère pastoral dans une Église.
Assurément l’Église , nos Églises ont besoin de quelques docteurs mais
nos besoins en pasteurs sont encore plus grand.
Mais la formation concerne aussi les vocations particulières à des services particuliers.
L’Église a besoin de pasteurs-docteurs, d’évangélistes, de prophètes, et les listes du Nouveau testament ne sont pas exhaustives elles sont à compléter selon les besoins ; Nous
pouvons y ajouter : les animateurs de jeunesse, les trésoriers, les
anciens, les implanteurs, les missionnaires, les responsables de la
musique, les catéchètes, …sans oublier les administrateurs…et notre liste s’allongera se modifiera selon les besoins.
Mais prenons l’exemple de nos pasteurs, sont-ils tous nés pasteurs ?
Dieu les a-t-il changé en pasteurs par un coup de baguette magique ?
L’appel qu’ils ont reçu a été suivi, d’une formation qui les a équipé et rendu aptes à commencer leur ministère.
Sans
doute la formation de nos pasteurs mérite t-elle réflexion et
réajustement aux réels besoins de l’Église mais au moins elle a le
bonheur d’exister et d’être généralement reconnue comme nécessaire.
Mais qu’en est-il des autres responsables dans l’Église ?
Je
crains que bien souvent la bonne volonté du candidat soit la seule
formation envisagée pour ces véritables ministères. Et pourtant nous
sommes tous d’accord pour reconnaître que la formation est une priorité
dans l’Église
Se pourrait-il vraiment quelle ne concerne que les pasteurs ?
a. 4) Quatrième axe de priorité : Le service.
Les
dons, les capacités, les charismes, les talents, les aptitudes innés ou
acquis dont le Seigneur nous a dotés sont pour le service des autres.
Comme
le Seigneur lui même nous en a donné l’exemple en mettant le comble à
son amour, en lavant les pieds de ses disciples,nous devons nous aussi
nous mettre au service les uns des autres. Et au Seigneur d’ajouter que
si nous savons ces choses nous serons heureux à condition de les
pratiquer.
Nous
affirmons dans l’Église que nous nous aimons les uns les autres. Très
bien mais la question n’est pas de savoir si nous le croyons mais si
mon frère ou ma sœur en sont convaincus ? Ne serai-ce pas là un service
à lui rendre ? De le dire est une chose, d’en apporter le témoignage en est une autre.
Le
service est une priorité pour nous vis a vis de nos frères comme vis a
vis de tous ceux que le Seigneur met sur notre chemin et dont nous
devenons les prochains. Le service de l’Église doit se vivre dans
l’Église et dans le monde païen, et incrédule qui l’entoure.
Un
grand nombre de nos contemporains pensent que l’Église ne sert à rien !
sauf peut être, et encore, à préserver quelques valeurs morales et à
calmer les angoisses existentielles des plus crédules.
Nous
sommes en tant qu’Églises non seulement une infime minorité dans notre
société mais en plus nous restons soigneusement calfeutrés à
l’intérieur de nos murs. Nos rares sorties se résument user de bonnes
paroles pour inviter les plus courageux à découvrir la chaleur et le
confort de notre cocon puisque c’est là que se manifeste l’amour du
Dieu éternel dont en fait ils ont tant besoin.
Est-ce vraiment de la caricature ? Je le crois mais en partie seulement.
Tant
que nous n’aurons pas fait de la bienfaisance envers ceux du dehors une
priorité pour notre d’Église nous continuerons à tourner sur nous même
en passant à côté de l’objectif.
a. 5) Cinquième axe de priorité: la convivialité
J’ai coutume de dire que la première prédication de l’Église c’est celle qui donnée à la porte d’entrée !
Que
la personne soit membre ou pas, convertie ou pas, habituée au lieu ou
qu’elle se présente pour la première fois cette personne doit être
convaincue du sentiment qu’elle est la bienvenue ?
Le
Seigneur est assurément heureux de la voir ! mais nous ? Souvenons-nous
à cet instant précis que les sentiments de notre cœur restent
inaccessibles et silencieux s’ils ne trouvent une expression gestuelle
ou orale. Un mot gentil , un sourire, une poignée de main, voila
le premier sermon qu’elle entendra. Dans le cas contraire, elle
entendra aussi quelque chose de notre part. Je vous laisse en deviner
le contenu.
Ceci pour nous rappeler que l’Église est un lieu, d’accueil, d’affection et de paix. « Accueillez-vous les uns les autres comme christ vous a accueilli » C’est une priorité pour nous.
Il a
été souligné bien des fois que ce qui s’imprime le plus profondément
dans le souvenir des enfants, de leur temps à l’école du dimanche, ce
ne sont (malheureusement) pas les vérités de
l’évangile que les moniteurs leur ont si fidèlement enseignés mais ce
qui reste dans leur mémoire c’est l’atmosphère de ces rencontres.
Faut-il s’en désoler ou au contraire s’en réjouir ? je ne sais mais il
est certain que ce qui vaut pour les enfants vaut aussi et largement
pour nous autres les adultes.
Ce qui touche dans l’Église ce ne sont peut
être pas tant les paroles fussent-elles rigoureusement évangéliques, ce
qui touche, quand elle existe ! c’est l’ambiance chaleureuse et
fraternelle qui y règne.
Une
des raisons évoquées pour expliquer l’impact grandissant d’un certain
nombre de mouvements religieux et de sectes et justement la qualité de
leur accueil et la chaleur de leurs rencontres.
Le
livre des actes nous rapporte que la première Église persévérait entre
autre dans la communion fraternelle. Je le dis en tremblant :
« l’Église qui perd la qualité de ses relations fraternelles perd son identité d’Église de Jésus Christ. »
L’enjeu est d’importance. C’est peut être même plus qu’une priorité c’est la priorité absolue pour toute Église.
Le
propos peut paraître un peu dur, mais souvenons-nous, c’est l’objectif,
j’oserai dire le cœur de l’objectif, qui est en jeu. Si l’Église ne
ressemble pas un tant soit peu à son Seigneur, comment pourrait-elle
être témoin du Dieu d’amour ?
Ne baissons pas la barre sous prétexte que nous n’y arrivons pas mais reconnaissons plutôt nos limites et nos manquements pour nous en humilier et avec confiance persévérons.
Dieu n’abandonne pas la partie, il continue de bâtir son Église.